Conduite et sécurité

Moto, scooter : comment choisir un casque adapté ?

05/02/2017 mis à jour le 19/11/2019
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Obligatoire, le casque est surtout vital pour tout conducteur de 2-roues, c'est pourquoi la Mutuelle des Motards a été le premier assureur à intégrer dans tous ses contrats 2-roues le remboursement du casque en cas d'accident. Celui-ci s’achète neuf, et s’essaie comme des chaussures, en magasin. Intégral de préférence, il doit s’adapter parfaitement à votre tête, l'envelopper et permettre le port de lunettes, pour vous assurer une protection maximale.

1. Choisir un casque presque «sur mesure»

Les tests Certimoov

Les motards disposent d’un nouvel outil pour sélectionner le meilleur casque en fonction de nouveaux critères de sécurité

Votre casque ne doit pas vous comprimer le front, mais il doit fermement vous coller au visage (notamment les joues), et vous maintenir ainsi la tête pour la protéger en cas de choc ou de chute. Pensez à l’essayer avec vos lunettes (vues et/ou solaires) pour être sûr qu’elles ne s’incrustent pas dans vos tempes. Attrapez-le à pleines mains et tentez de faire bougez votre tête à l’intérieur. Si le casque vous convient il ne doit pas bouger de plus de quelques millimètres. Enfin, assurez-vous bien qu’il s’agit d’un casque homologué. L’étiquette cousue à l’intérieur ou sur la jugulaire doit être blanche (estampille européenne).

L'essayage étant impossible sur le web, la Mutuelle vous déconseille fortement d'acheter votre casque sur Internet, à moins de choisir un modèle adapté à votre morphologie (chaque marque a sa  tête»), c'est à dire un modèle que vous avez déjà essayé. Sachant que rien ne remplacera le contact avec un motociste et les conseils d'un bon pro.

2. Le confort, c'est aussi de la sécurité

Le confort est un élément à part entière de sécurité « passive » : moins votre casque est fatiguant à porter, plus vous pourrez vous concentrer sur les pièges de la route. Préférez les jugulaires gainées de velours plutôt qu’en skaï.

Pour l’hygiène et la longévité de votre casque, optez pour des intérieurs démontables. La garniture intérieure absorbe en effet la sueur. Lavez-la à l'eau savonneuse ou en machine et n'oubliez pas de rincer.

En ce qui concerne l’écran, choisissez-le translucide (plutôt que fumé) et démontable sans outil, pour le nettoyage. Les « pare-soleil » que l'on trouve de plus en plus sur les casques, amovibles derrière la visière, ne remplacent pas une véritable paire de lunettes de soleil. Leur protection contre les UV et leur résistance aux impacts (graviers, insectes) ne sont généralement pas régies par les normes en vigueur.

Du côté des ventilations, utiles pour lutter contre la buée l’hiver et pour vous rafraîchir l’été, assurez-vous que des trous sont bien pratiqués derrière elles et que leur manipulation est aisée. Les solutions pour lutter contre la buée sont de deux ordres : soit le double écran (couche d'air entre le polycarbonate froid et la chaleur dégagée par la tête), soit un liquide chimique qui va absorber l'humidité de l'air (efficace par temps sec mais beaucoup moins sous la pluie).

Votre casque doit également être orné de part et d'autre d'éléments rétroréfléchissants, pour que l'on vous voit mieux la nuit. Attention, parfois ces éléments ne sont pas apposés sur le casque lorsqu’il vous est vendu ; il vous faudra alors les coller vous-même.

À noter aussi qu’un décret, publié le 10 mai 2015, étend aux motards l’obligation de détenir un gilet de haute visibilité à compter du 1er janvier 2016. Il n’est pas obligatoire de le porter en conduisant, mais il doit rester à portée de la main et être porté en cas d’arrêt intempestif (panne ou autre) au bord de la route.

3. Pourquoi un casque est... fragile

Beaucoup de motards pensent que les consignes strictes de remplacement des casques ne sont là que pour alimenter le tiroir-caisse des industriels. C'est sous-estimer totalement la technicité des casques actuels, mais également leur fragilité, celle-ci devenant leur principale qualité en cas d'accident. Les casques sont conçus pour amortir le plus possible les chocs, et emmagasiner le maximum d'énergie (jusqu'à exploser) pour protéger la tête du conducteur. C'est à basse vitesse qu'ils sont utiles : au-delà, le port d'un casque ne sauvera la vie d'aucun motard en cas de choc frontal, car celui-ci ne survivra pas à ses lésions internes, même si sa tête ne souffre d'aucune lésion externe. C'est pourquoi les crash-tests s'effectuent (c'est une norme) à la vitesse de 27 km/h.

4. Quand changer un casque ?

Contrairement à l'idée reçue, il n'est pas impératif de changer de casque tous les 5 ans. C'était autrefois nécessaire pour deux raisons. D'une part, les garnitures intérieures des casques n'étaient pas démontables, ni interchangeables, et finissaient par se tasser avec le temps. Du coup, le casque « flottait », ce qui est extrêmement dangereux en cas d'accident et peut provoquer de graves blessures. D'autre part, certains casques étaient jadis fabriqués en ABS, matière plastique rendue cassante par une exposition prolongée aux UV. Ces casques en ABS sont aujourd'hui rarissimes et le problème ne se pose plus, mais l'info n'est apparemment pas arrivée jusqu'à certains organisateurs de compétitions motos, qui imposent encore la règle des 5 ans.

En revanche, il faut impérativement le remplacer si votre tête, et donc le casque, a heurté le sol lors d’une chute même bénigne. Le calotin — la partie absorbante — est irrémédiablement endommagé après avoir été comprimé entre la coque — la partie extérieure — et le crâne. Son rôle d’amortisseur est de fait perdu à jamais.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il ne faut jamais acheter un casque d'occasion. Vous n'avez pas d'autre choix que de prendre le chemin du motociste pour acheter un nouvel équipement.

A noter, la Mutuelle intègre systématiquement le remboursement du casque à ses sociétaires en cas d'accident (dans tous ses contrats 2-roues, hors contrat Full Power).

5. Quel casque ?

Pour le choix du casque, les tests de la presse spécialisée moto sont une excellente source d'information. N'hésitez pas à consulter également le site de Certimoov, cette nouvelle méthode scientifique conçue pour tester le niveau de protection des casques, présentée par la Fondation MAIF et l’Université de Strasbourg en partenariat avec la Mutuelle des Motards. Grâce à ces tests complets, les usagers peuvent choisir leur casque selon des critères de sécurité plus réalistes.

Le casque jet, le moins-disant

C’est le plus basique, le plus économique, le plus fréquent en ville. C'est surtout le casque qui vous protège le moins, car il n'offre aucune sécurité pour votre visage. En circulation, son manque de protection contre le vent devient vite pénible et le destine plutôt à de petits trajets, d'autant qu'il a tendance, avec un peu de vitesse, à se soulever, le souffle tirant sur la jugulaire. Ses qualités : légèreté et visibilité.

Le casque jet routier : du mieux

Il s’agit en quelque sorte d’un jet amélioré avec  un écran frontal qui protège du vent. Un cran au-dessus du jet, il coûte plus cher mais permet donc de rouler de façon plus confortable, en toute saison (frileux du visage s’abstenir tout de même) et sur des trajets plus longs. Attention toutefois, la protection faciale reste faible en cas d’accident. À signaler que certaines marques dotent désormais ce type de casque d'une barre de protection au niveau de la mâchoire, renvoyant définitivement le casque jet à la préhistoire.

Attention, la mentonnière amovible de ces casques, appelés Crossover, n’est pas toujours protectrice. Pour s’en assurer, il suffit de se reporter à la notice du fabricant ou à l’étiquette d’homologation cousue à l’intérieur qui précise P (protective) ou NP (non protective).

Le casque modulable

Il permet de se transformer soit en jet, soit en intégral. Attention toutefois, il n’est pas adapté pour rouler en position jet, mais des modèles toujours plus nombreux sont désormais homologués pour cela. Rappelons toutefois que rouler la mentonnière relevée vous fait courir le risque d'un grave traumatisme facial en cas de choc. La mentonnière risque également de s'accrocher à un obstacle lors d'une glissade, avec à la clé un traumatisme des cervicales. Quant à la gêne occasionnée en roulage, elle est réelle (prise au vent, centre de gravité plus haut). L'articulation de la mentonnière est donc à réserver pour enfiler le casque ou éventuellement pour aérer votre visage au feu rouge en plein été. C'est aussi très utile pour les porteurs de lunettes qui ont ainsi moins de soucis qu’avec un intégral. Question prix, on se trouve dans une fourchette milieu-haut de gamme. L’insonorisation est plus ou moins travaillée selon les marques, les modèles… et le prix. Ce type de casque s'avère adapté à quasiment tous les usages, exception faite du roulage sur circuit en raison de son poids, plus important qu'un intégral (mécanisme de la partie basculante) et de son côté souvent bruyant (dû lui aussi à la présence du mécanisme).

Le casque intégral : le top

Il s’agit de l’incontournable, celui qui est lié à l’image du motard. Vous le trouverez chez tous les fabricants, dans une fourchette de prix très large, de toutes formes, en plastique injecté, en fibres de carbone ou composite voire en fibre de verre. Sa protection optimale, tant contre les chocs que le vent ou le bruit lui permet de proposer également un confort maximal... Exception faite de la saison estivale. En le choisissant, veillez à ce qu’il soit bien aéré.

Le casque pour enfant

La question du casque pour enfant est délicate. Les muscles du cou d'un bambin ne sont pas encore suffisamment développés et entraînés et ses vertèbres cervicales ne supportent pas une contrainte supérieure au quart de son poids. Ainsi, pour porter un casque d’environ 1 kg, un enfant doit peser au minimum 25 kg, soit le poids moyen atteint à l'âge de 8 ans. À défaut d’intégral (trop lourd), et de préférence au jet qui n’offre qu’une protection relative, optez pour les modèles tout-terrain, plus adaptés à la tête des enfants. Sachez que le casque est obligatoire pour votre enfant, même à bord d’un side-car, à moins que ce dernier soit équipé de ceintures de sécurité, ce qui est le cas de certains modèles (le Zeus par exemple). Quoi qu'il en soit, gardez à l'esprit que le transport d'un enfant, surtout jeune, est risqué.