Conduite et sécurité

Mieux connaître les risques en moto et scooter

10/02/2017 mis à jour le 04/10/2019
  • Accident
  • Assurance

En moto ou en scooter, vous entrez dans le groupe des usagers de la route les plus fragiles. Confrontés à un risque d'accident 20 fois supérieur à celui des automobilistes, alors qu'ils ne représenteraient que 1 à 2% du trafic selon les chiffres officiels. Mais ces chiffres sont inexacts : ces 2 % du trafic représentent la totalité du trafic 2RM annuel estimé sur tout le territoire métropolitain. Or, la majorité du trafic de 2-roues motorisé se concentre dans les grandes agglomérations aux heures de pointe des trajets domicile/travail. En Ile-de-France par exemple, où le nombre de victimes en 2-roues motorisé est important avec 32% de mortalité, les motos et scooters représentent 16 à 20 % du trafic. Les conducteurs de 2-roues à moteur sont-ils vulnérables ou dangereux ?
Face à la tentation du bouc émissaire, la Mutuelle des Motards remet les pendules à l'heure en décryptant les statistiques de la Sécurité routière. Et vous aiguille afin d'améliorer votre sécurité : pour en savoir plus sur les spécificités d'un 2-roues à moteur, les principaux scénarios d'accidents, la question hypersensible de la détectabilité des 2-roues, ou encore la réalité du risque 125, c'est ici.

1. Accidentologie 2-roues : les idées reçues ont la vie dure

Vitesse, déplacements anarchiques, mépris des autres usagers : vis-à-vis des motards, les préjugés sont tenaces. Mais depuis quelques années, les études s'accumulent enfin et battent froid les préjugés sur les conducteurs de 2-roues, mettant en exergue leur comportement responsable... et leur vulnérabilité sur la route.

2. Les 2-roues, responsables tout court

Dans 67 % des accidents avec un tiers, les motards et les scootéristes de la Mutuelle ne sont pas responsables. Une statistique dans laquelle la Mutuelle des Motards voit l’esprit de responsabilité qui caractérise l’écrasante majorité des conducteurs de 2-roues à moteur. En clair : même si l'on relève chez les conducteurs de 2-roues motorisés certains comportements asociaux, il ne sont pas plus nombreux que chez les autres catégories d'usagers... voire moins. Et sur la route comme dans la rue, motards et scootéristes subissent l’insécurité routière plus qu’ils ne la génèrent. D’année en année, le nombre de tués en 2-roues a tendance à chuter, ce alors que le parc augmente régulièrement de 10 % par an. Un état de fait démontré de facto par l'existence même de la Mutuelle des Motards, à qui la plupart des assureurs ne donnaient pas 6 mois d'espérance de vie lors de sa création de 1983 : elle est la preuve concrète d'un risque assurable.

3. Premières études : la claque

Longtemps retranchés derrière le mythe du motard hédoniste et la stigmatisation de la vitesse, les hérauts de sécurité routière ont également eu le champ libre faute d'études sur l'accidentologie 2-roues : ce n'est qu'au milieu des années 2000 que les premiers rapports sérieux sont venus lever le voile sur la réalité du risque moto. En 2004, sous l'égide de la Commission européenne, était publié le rapport Maids, réalisé dans cinq pays d'Europe, dont la France. Première idée reçue battue en brèche : la vitesse. Dans 70 % des accidents impliquant un motard ou un scootériste, le deux-roues roulait à moins de 50 km/h au moment de l'impact. Deuxième claque : le comportement. Dans les deux tiers des cas, la responsabilité du conducteur du 2-roues est nulle.

4. Après les feux de jour, les feux dédiés

Troisième enseignement : 70 % des erreurs commises par les automobilistes responsables d'un accident avec un 2-roues sont dues au fait qu’ils n’ont pas su détecter le motard ou le scootériste. En la matière, absence de sensibilisation aux contraintes des autres usagers et faible détectabilité des 2-roues se combinent, et le cocktail fait mal : représentant 1 à 2 % du trafic, motards et scootéristes représentent 18 % des tués. Une détectabilité qui ne s’est pas amélioré depuis 2011 : le projet des feux de jours, enterré face à la mobilisation de la FFMC et de la Mutuelle de Motards (suivie par l'ensemble des mutuelles du GEMA) a refait surface sous la forme des feux dédiés. La route ressemble donc peu à peu à un magnifique sapin de Noël, et tant pis si les conducteurs de 2-roues sont en colère : les études ont justement permis de démontrer que l’allumage des feux de croisement des motos et des scooters, en plein jour, permettait de diminuer de près d’un tiers les accidents liés à un problème de détectabilité. Pour peu que les feux des autres usagers soient éteints, faut-il le préciser. Mais plutôt que d'imposer des tests oculaires aux conducteurs à peine capables de conduire (8 millions en France), généraliser l'allumage automatique des phares est à coup sûr plus populaire.

5. La formation des motards aussi

Les motards balaient d'ailleurs devant leur porte : il s'agit de former les automobilistes, mais les conducteurs de 2-roues aussi, et notamment les 125. Mais sans oublier les gros cubes : beaucoup de motards dans leur droit auraient pu éviter les accidents dont ils ont été les victimes. C'est pendant les premières années de pratique de la moto que l'accidentalité est la plus forte. L'inexpérience joue à plein : allure inadaptée à l’infrastructure ou à l’environnement, sentiment d’invulnérabilité amplifié par la politique marketing des constructeurs de motos, méconnaissance des situations à risques et des comportements des autres usagers, formation à la conduite incomplète… La liste est longue des carences qui, à défaut de faire des conducteurs de 2-roues des individus dangereux, envoient chaque année à l’hôpital ou au cimetière des motards et scootéristes qui, pour résumer, avaient la priorité.