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Parole de sociétaire - Julien Mandois

22/09/2021 mis à jour le 01/10/2021
  • Économie sociale et solidaire
Julien Mandois

Julien Mandois, 32 ans, est sociétaire de la Mutuelle. Il roule au quotidien sur une Suzuki 1200 Bandit. En 2018, à la suite d’une opération d’une tumeur à l’oreille interne, il décide de donner libre cours à sa passion, la compétition moto. Au guidon d’une Yamaha R6, il enchaîne alors les séances de roulage sur circuit et les courses de côte, avec un seul et unique leitmotiv : « Ne rien remettre à demain ».

CARPE DIEM

Tes débuts en compétition ne se sont pas vraiment déroulés comme tu l’imaginais ?

C’est le moins qu’on puisse dire ! Après une première saison 2019 où j’ai pu participer à deux courses de côte du championnat de France de la montagne en catégorie promotion, l’an dernier, j’ai expérimenté malgré moi le « high-side » lors d’un entraînement sur le circuit du Vigean (la roue arrière dérape puis raccroche brutalement - NDLR). L’effet catapulte m’a éjecté violemment de la moto et la réception m’a coûté une commotion cérébrale et la fracture de la vertèbre T12. Six mois de rééducation plus tard, j’ai enfin pu préparer ma saison 2021 de championnat de France de la montagne, cette fois en catégorie Supersport.

Au début, les réticences de ton entourage devaient peser lourd, non ?

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Pas du tout, ma famille et mes amis me soutiennent à 100 % ! C’est aussi le cas de mes partenaires, qui m’aident pour la préparation physique, la mise au point de la moto et toutes les questions d’intendance. Par contre, si je m’étais contenté des avis médicaux et des contre-indications induites par la maladie, je n’aurais rien fait du tout. Lors du premier diagnostic, on ne me donnait que trois mois d’espérance de vie… Cela m’a poussé à me battre, à surmonter les douleurs qui m’accompagnent presque au quotidien. Aujourd’hui, rien n’est encore gagné de ce côté-là, car le risque de récidive reste très élevé. Mais je sais qu’il faut se battre pour y arriver. Si tu n’essaies pas, tu as déjà perdu ! 

Pourquoi as-tu choisi de rouler en course de côte dans le championnat de France de la montagne ?

C’est un format de compétition très exigeant, très intense ! Les épreuves se déroulent sur route, le long d’un tracé de quelques kilomètres seulement. Et comme chaque épreuve comprend trois manches d’essai et trois manches de course qui ne durent chacune qu’une poignée de secondes, c’est de la vitesse pure. J’ai donc besoin d’une concentration maximale et d’une mémoire à toute épreuve. C’est un défi de plus que je lance contre la maladie. Et ce challenge, je suis trop fier de le relever pour moi-même aussi. Cette année, j’ai réussi à participer à toutes les épreuves du championnat, en réalisant des temps corrects. Après la finale de fin septembre, j'ai terminé 21ème du championnat. Et chaque fois que je me place sur la ligne de départ, j’ai les larmes aux yeux !

Quels sont tes objectifs pour les prochaines saisons ?

D’abord, je compte participer à une ou deux courses supplémentaires dans le cadre du championnat international de courses sur route (International Road Racing Championship). Puis j’envisage également de participer à un rallye routier, pour m’initier à d’autres formats de course plus longs. Ensuite, l’objectif est de pouvoir participer au Manx GP, qui est l’antichambre du Tourist Trophy. Et bien sûr, le rêve ultime est de m’engager au T.T, mais la sélection est rude et le chemin encore long…

"Julien Mandois

À travers ton expérience, souhaites-tu faire passer un message aux autres motards ?

Sur mon dossier de presse de pilote, c’est la Faucheuse qui se tient derrière mon casque. C’est une forme de pied de nez, une façon de prendre le destin à rebrousse-poil ! Donc, si je peux apporter de l’espoir à d’autres personnes malades et les inciter à se réaliser dans leur passion, je serai satisfait. Ensuite, j’ai aussi envie de sensibiliser les gens qui traversent une période délicate au fait que surmonter les épreuves, ce n’est pas seulement lutter, mais surtout devenir plus fort. Croyez en vos rêves !

 

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