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Actus - Où en est-on sur les grands dossiers de 2021/2022 ?

06/01/2022 mis à jour le 14/02/2022
Motard en ville

Contrôle technique des 2-roues, mise en place des Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFEm), déploiement des 30 km/h en ville, extension de l’expérimentation de la circulation inter-files : les dossiers chauds se sont multipliés en 2021. À quoi faut-il s’attendre sur ces sujets qui nous concernent tous en 2022 ? Nos experts font le point avec Didier Renoux, chargé de communication à la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC).

Bientôt tous concernés par les ZFE ?

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Le déploiement des Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFEm) suit son cours sur le territoire. Il est prévu que d'ici 2025, 45 ZFE regroupant les agglomérations de plus de 150 000 habitants seront mises en place. Au total, plus de 10 millions de véhicules particuliers (automobiles et 2-roues) seront concernés par des restrictions de circulation. 

« Dans les faits, près d’un tiers du parc roulant sera mis au rebut ! Cela soulève une nouvelle fois le caractère doublement clivant des ZFE.

Un clivage d’abord social, qui cantonnera celles et ceux qui n’ont pas les moyens de changer de véhicule à un confinement permanent. D’autant plus qu’il n’y a pas d’alternative crédible pour se déplacer, ce que démontre le manque flagrant de parkings relais gratuits aux portes des ZFE.

Et ensuite, il s’agit d’un clivage territorial, puisque les ZFE se multiplient alors que leurs conditions de mise en œuvre sont décidées localement. Si cela nous permet d’argumenter pour que les 2-roues, qui font partie des solutions, ne soient pas exclus, ça reste un souci quant à l’égalité de tous devant la loi ! Dans un même département, il est donc possible d’être interdit de circulation dans une agglomération mais de pouvoir en traverser une autre sans problème à quelques kilomètres de là… Aberrant ! », souligne Didier Renoux, chargé de communication à la FFMC.

 

Le point sur les ZFE


Le projet de Contrôle Technique 2-roues est-il vraiment abandonné ?

Apparu puis aussitôt étouffé dans l’œuf cet été par le président de la République, le projet de contrôle technique pour les 2-roues au niveau hexagonal est maintenant presque définitivement derrière nous :


« La suspension du décret de mise en œuvre du contrôle technique des deux-roues motorisés promulgué "par erreur" le 11 août 2021 est imminent. C’est le fruit du travail constructif mené par les associations représentatives des usagers avec la Direction Générale de l'Energie et du Climat (DGEC).

En effet, avec la Fédération Française de Motocyclisme (FFM), la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) a contribué à proposer des mesures alternatives au contrôle technique, tant pour lutter contre le bruit et la pollution que pour améliorer la sécurité des utilisateurs de 2-roues. La France peut donc notifier officiellement à l’Union Européenne qu’elle ne met pas en place de CT.

Concernant la sécurité des utilisateurs de 2-roues, nous proposons donc d’agir sur la sensibilisation aux usagers vulnérables lors de la formation initiale, tous permis confondus ; de prendre en compte tous les travaux du CEREMA (Centre d'Etudes et d'expertise sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l’Aménagement) sur les infrastructures dangereuses ; et de développer les actions pédagogiques en milieu scolaire, à l’image de notre programme ERJ (Le programme en détail de l'Education Routière de la Jeunesse ). », précise Didier Renoux, chargé de communication à la FFMC.  

Tout savoir sur le contrôle technique des 2 roues


Où la Circulation inter-files est-elle autorisée ? 

Brièvement suspendue début 2021, l’expérimentation de la circulation inter-files est à nouveau autorisée depuis le 2 août dernier pour les 2 et 3-roues motorisés, toujours à titre expérimental et pour une durée de 3 ans. Il s’agit d'étudier les conditions dans lesquelles cette pratique pourrait être autorisée, sécurisée et enseignée. Le périmètre de cette expérimentation, autrefois cantonné à quelques voies rapides urbaines et péri-urbaines, est élargi à 21 départements, et cette fois sur l’ensemble des autoroutes et routes à deux fois deux voies minimum séparées par un terre-plein central, et limitées à 70 km/h au moins.

Dans ces conditions, la circulation inter-files peut s’effectuer entre les deux voies les plus à gauche de la chaussée, avec un différentiel de vitesse de 30 km/h par rapport aux autres véhicules et jusqu’à 50 km/h maximum.
Au-delà de 50 km/h, la circulation est considérée comme fluide et vous devez reprendre votre place sur l’une des voies.

« Dans les faits, nous n’avons pas noté de verbalisations abusives ni d’excès de zèle de la part des forces de l’ordre. Il s’agit maintenant de porter nos efforts sur la pédagogie et la communication.

Avec le soutien de la FFMC, la Sécurité Routière a édité une plaquette d’information diffusée sur les points de vente de véhicules et une campagne de communication généraliste est en préparation.

L’enjeu à terme est d’obtenir des résultats probants afin de démontrer les bienfaits de la circulation inter-files pour aboutir à la légalisation de cette pratique », détaille Didier Renoux, chargé de communication à la FFMC.

Liste des 21 départements concernés par l’expérimentation de la circulation inter-files :

  • Alpes-Maritimes (06)
  • Bouches-du-Rhône (13)
  • Drôme (26)
  • Essonne (91)
  • Gironde (33)
  • Haute-Garonne (31)
  • Hauts-de-Seine (92)
  • Hérault (34)
  • Isère (38)
  • Loire-Atlantique (44)
  • Nord (59)
  • Paris (75)
  • Pyrénées-Orientales (66)
  • Rhône (69)
  • Seine-et-Marne (77)
  • Seine-Saint-Denis (93)
  • Val-d’Oise (95)
  • Val-de-Marne (94)
  • Var (83)
  • Vaucluse (84)
  • Yvelines (78)


30 km/h en ville pour plus de tranquillité ?

Depuis quelques années, de plus en plus de villes françaises ont décidé de limiter la vitesse à 30 km/h sur l’ensemble de leur voirie, à l’exception parfois de certains boulevards de desserte, qui eux passent de 70 à 50 km/h.

Après Paris, Montpellier ou Clermont-Ferrand qui ont basculé en 2021, ce sera le tour de Lyon, Toulouse, Périgueux et Limoges en 2022.

« Cette nouvelle disposition incite à une conduite apaisée dans un milieu où les interactions entre usagers sont incessantes, et où de toute façon la vitesse réelle pratiquée est souvent largement inférieure. Dans les agglomérations ayant déjà instauré cette limitation à 30 km/h, cela se traduit par une baisse notable de l’accidentologie et de la mortalité dont la FFMC ne peut que se réjouir, tout en regrettant qu’encore une fois on ait commencé par instaurer des règles et des sanctions au lieu d’user de pédagogie.

Notre fédération reste donc vigilante afin que cette réglementation soit appliquée avec discernement, qu’elle soit accompagnée d’un délai pédagogique de sensibilisation des usagers avant toute verbalisation, et enfin qu’il n’y ait pas ensuite une avalanche de sanctions automatisées qui tomberaient dès 31 km/h… », indique Didier Renoux, chargé de communication à la FFMC. 

Aux côtés de la FFMC, tous les acteurs du mouvement motard, dont est issue la Mutuelle, sont donc mobilisés pour que notre passion commune ne pâtisse pas de ces nouvelles restrictions.