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Ce qui change (ou pas) en 2022 dans le monde de la moto !

23/02/2022
route

Contrôle technique des 2-roues, mise en place des Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFEm), déploiement des 30 km/h en ville, extension de l’expérimentation de la circulation inter-files : qu’en est-il de ces sujets qui nous concernent tous en 2022 ? Le point avec Didier Renoux, chargé de communication à la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), et le regard de la Mutuelle, avec Laurent Santucci, expert en prévention et innovation technologique.

Le projet de Contrôle Technique 2-roues.

Est-il vraiment abandonné?

Grâce au travail constructif mené par les associations représentatives des usagers avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), la France peut notifier officiellement à l’Union Européenne qu’elle ne met pas en place de CT. En effet, avec la Fédération Française de Motocyclisme (FFM), la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) a contribué à proposer des mesures alternatives au contrôle technique, tant pour lutter contre le bruit et la pollution que pour améliorer la sécurité des utilisateurs de 2-roues

Didier Renoux

L’ŒIL DE LA MUTUELLE

N’oublions pas qu’entre 2010 et 2020, la sinistralité des conducteurs de 2-roues motorisés a baissé de plus de 30 %, alors que le parc roulant s’est accru de quasiment 20 % ! Si l’on veut vraiment agir sur l’accidentalité, c’est d’abord sur le partage de la route et la sensibilisation des usagers qu’il faut intervenir, et non sur les causes techniques, extrêmement rares. Ainsi, la formation initiale au permis de conduire peut encore évoluer sur la prise en compte des « usagers vulnérables ». Et en termes de sécurité passive, nous pouvons favoriser le port d’équipement de protection individuelle de façon plus soutenue, tant pour les conducteurs que pour les passagers.

Bientôt tous concernés par les ZFE ?

Le déploiement des Zones à Faibles Émissions mobilité (ZFEm) suit son cours sur le territoire. En 2022, Lille, Toulouse et Strasbourg ont commencé à mettre en place la leur. D’ici 2025, 45 agglomérations de plus de 150 000 habitants seront impactées. Au total, plus de 10 millions de véhicules particuliers seront concernés par des restrictions de circulation.

Dans les faits, près d’un tiers du parc roulant sera mis au rebut ! C’est d’autant plus aberrant qu’aucune alternative crédible n’est proposée pour se déplacer, ce que démontre le manque flagrant de parkings relais gratuits. Et comme les conditions d’application sont décidées localement, cela nous permet d’argumenter pour que les 2-roues, qui font partie des solutions, ne soient pas exclus

Didier Renoux

L’ŒIL DE LA MUTUELLE

 Force est de constater l’imbroglio complet dans les règles de circulation entre les différentes ZFE. Impossible de s’y retrouver ! La Mutuelle travaille sur la transition énergétique en partant du postulat que le “tout électrique” est utopique hors des villes. Nous étudions toutes les solutions d’avenir proposées par différentes start-up (éthanol, hybride, hydrogène, rétrofit, supercondensateur, etc.) afin de rester à la pointe de l’innovation. Nous sommes d’ailleurs la première entreprise qui a « rétrofité » des 2-roues (Vespa LX et Yamaha X-Max) pour les mettre, à terme, à disposition du personnel de la Mutuelle. Rétrofiter un véhicule ayant un moteur thermique HS, c’est avant tout lutter contre l’obsolescence programmée.

Ou la Circulation inter-files (CIF) est-elle autorisée?

Brièvement suspendue début 2021, l’expérimentation de la circulation inter-files est à nouveau autorisée pour une durée de 3 ans. Il s’agit d’étudier les conditions dans lesquelles cette pratique pourrait être autorisée, sécurisée et enseignée. Le périmètre de cette expérimentation concerne 21 départements, sur toutes les autoroutes et routes à 2x2 voies minimum séparées par un terre-plein central, et limitées à 70 km/h au moins.

 Nous n’avons pas noté de verbalisations abusives ni d’excès de zèle de la part des forces de l’ordre. Il s’agit maintenant de porter nos efforts sur la pédagogie et la communication. L’enjeu est d’aboutir à la légalisation de cette pratique.

Didier Renoux

L’ŒIL DE LA MUTUELLE

 Cette expérimentation est une bonne chose car elle doit permettre de légaliser une pratique réalisée de longue date par les conducteurs de 2-roues et qui a démontré sa pertinence en matière de fluidification du trafic. Et côté sécurité, la Mutuelle n’a jamais enregistré d’accidentologie notable dans ces conditions de circulation.

30 km/h en ville : Quels bénéfices?

Depuis quelques années, de plus en plus de villes françaises ont décidé de limiter la vitesse à 30 km/h sur l’ensemble de leur voirie, à l’exception parfois de certains boulevards de desserte, qui eux passent de 70 à 50 km/h.

Notre fédération reste vigilante afin que cette réglementation soit appliquée avec discernement, qu’elle soit accompagnée d’un délai pédagogique de sensibilisation des usagers avant toute verbalisation, et enfin qu’il n’y ait pas ensuite une avalanche de sanctions automatisées qui tomberaient dès 31 km/h…

Didier Renoux

L’ŒIL DE LA MUTUELLE

 Dans les faits, cela ne ralentit pas les déplacements puisque la vitesse réelle pratiquée est souvent largement inférieure à 30 km/h. Mais dans les agglomérations ayant déjà mis en place cette limitation, nous constatons que cela permet de diminuer le différentiel de vitesse entre usagers et donc, de réduire la gravité des accidents. Un résultat dont ne peut que se réjouir la Mutuelle !

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