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Accueil : Assurance mutuelle des motards, ça rassure

La protection des conducteurs des 2 roues à moteur

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La Mutuelle des Motards, une utopie toujours en marche

Créée par les motards, pour les motards, la Mutuelle des Motards est d'abord née en réaction aux tarifs prohibitifs pratiqués par les assureurs dépassés par l'accidentalité moto. Sans soutien politique et financier, sans l'appui d'une corporation, c'est dans la rue qu'elle a vu le jour, à l'initiative de la FFMC, et grâce à la mobilisation de 40 000 motards. Un cas unique dans l'histoire de l'assurance.

 

La moto, une démocratisation récente

 

Certaines bombes n'explosent qu'à retardement. À la fin des sixties, on dénombre à peine 200 000 motards en France lorsque débarquent sur le marché européen les premiers gros cubes japonais. Les motos nippones imposent d'emblée un nouveau standard sur le marché, celui de la fiabilité : historiquement freinée par des mécaniques capricieuses (Triumph, Norton, etc.), la démocratisation de la moto est désormais en marche. Plus besoin d'être mécano pour s’agripper au guidon d'une grosse cylindrée, comme l'emblématique Honda 750 Four, la fameuse quatre-pattes (pour ses quatre pots), lancée en France quatre mois avant qu'Amstrong ne pose un pied sur la Lune.

 

Nombre d'accidents record

 

Dix ans plus tard, confrontés à une accidentalité record, les pouvoirs publics viennent de mettre en place les toutes premières mesures de sécurité routière (limitations de vitesse, port de la ceinture et du casque obligatoires, répression de l'alcoolisme) et la France fait mine de découvrir ses motards. Leur nombre a quadruplé dans l'Hexagone, et quelque 800 000 « blousons noirs » sillonnent au guidon de leur gros cube un pays plus que jamais méfiant de sa propre jeunesse : François Mitterrand fait opportunément du « droit pour la jeunesse d’être elle-même » un de ses slogans en 1981.

 

Répression, premières pierres

 

Sans surprise, faute de comprendre, les pouvoirs publics choisissent de réprimer. Et les assureurs suivent. Leurs premières réponses aux accidents des motards : exclusion par le tarif et résiliation arbitraire. En 1981, comme la plupart des compagnies, l’UAP ne garantit plus le vol, pas plus que les AGF pour les 2-roues d’une valeur supérieure à 3 000 francs (457 €). Les motards âgés de moins de vingt-cinq ans sont systématiquement refoulés. Certaines mutuelles d’assurance ont même restreint le nombre et la portée de leurs garanties. Malgré cela, les primes annuelles atteignent souvent 50 % du prix d’achat d’une moto de moyenne cylindrée, et représentent jusqu’à quatre mois de salaire pour un smicard.

 

Motards en colère

 

Pressurés, refoulés ou promis au cimetière des éléphants, les motards canalisent leur colère et décident de se prendre en main. La FFMC, forte de sa victoire à plat de couture sur la vignette moto (supprimée en 1981) lance un pavé dans la mare : réunir dans la rue, auprès des motards, le fonds de garantie nécessaire pour créer une mutuelle. Dans une France en crise, qui franchit le cap des deux millions de chômeurs et où le salaire minimum culmine à 2 634 francs (soit 401 € au 1er juin 1981), il faut 10 millions de francs (1,5 M€) pour réussir le pari. Un pari auquel personne d'autre ne croit : jamais une mutuelle d'assurance n'a vu le jour sans soutiens politiques et financiers, et sans s'appuyer sur une corporation : instits, artisans, taxiteurs... Motard, c'est pas un métier.

 

Assurance moto, le néant

 

Deux ans plus tard, en 1983, les 10 millions sont là, collectés chèque par chèque, dans les rassemblements motards ou dans la rue : 40 000 motards ont mis la main à la poche, à raison de 280 F par casque (42 €). La FFMC pense alors avoir fait le plus dur, d'autant que les grandes mutuelles d'assurance lui apportent leur soutien, finalement convaincues de reconnaître dans les vitupérations des motards en colère le cri de révolte jadis poussé par leurs propres fondateurs. Mais le soutien des doyennes du mutualisme d'assurance arrive sans langue de bois : le métier d’assureur moto reste à inventer, aucune compagnie n’ayant investi dans la connaissance de ce risque jugé ingérable, et surtout non-rentable. À l'époque, les membres du Groupement des Entreprise Mutuelles d'Assurance (GEMA), parmi lesquels les puissantes MAIF, MAAF, MACIF, GMF et MATMUT, assurent pourtant près d'un véhicule particulier sur deux. « Vous savez, nous assurons des milliers de motos, mais nous n’y connaissons rien » assène aux représentants de la FFMC le secrétaire général du GEMA.

 

En septembre 1983, la Mutuelle des Motards démarre son improbable activité avec la signature de son premier contrat, sur un coin de table, au Bol d'Or, tandis que les top pilotes d'Endurance s'éreintent sur le circuit mythique du Castellet. Le landernau de l'assurance l'attend au tournant ? La Mutuelle des Motards révolutionne d'emblée la classification des motos, non plus répertoriées et tarifées par cylindrées, mais en fonction de la vocation réelle des machines : un schéma repris, depuis, partout. Le comble : les motards, à travers la voix de leur mutuelle autogérée, ont le culot de parler de prévention.

 

Ce jour-là, nombre d'assureurs traditionnels redécouvrent la roue. La saga de la « Mutuelle des Motards en colère » peut commencer.

 

Chronique d'une utopie en marche

 

Paru en 2003 aux Éditions de la FFMC, Chronique d'une utopie en marche retrace l'essor du mouvement motard et relate les incroyables péripéties de la création de la Mutuelle des Motards. Au lendemain de mai 68, à la veille de mai 81, cette enquête signée Manuel Marsetti débute dans une France à la croisée des chemins : une France où le motard n’a pas sa place. Un livre de référence sur l'histoire moderne de la moto, unanimement salué par la presse lors de sa sortie.