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Accidentologie 2-roues : les idées reçues ont la vie dure
Vitesse, déplacements anarchiques, mépris des autres usagers : vis-à-vis des motards, les préjugés sont tenaces. Mais depuis quelques années, les études s'accumulent enfin et battent froid les préjugés sur les conducteurs de 2-roues, mettant en exergue leur comportement responsable... et leur vulnérabilité sur la route.
Les 2-roues, responsables tout court
Dans 72 % des accidents avec un tiers, les motards et les scootéristes de la Mutuelle ne sont pas responsables. Une statistique dans laquelle la Mutuelle des Motards voit l’esprit de responsabilité qui caractérise l’écrasante majorité des conducteurs de 2-roues à moteur. En clair : même si l'on relève chez les conducteurs de 2-roues motorisés certains comportements asociaux, il ne sont pas plus nombreux que chez les autres catégories d'usagers... voire moins. Et sur la route comme dans la rue, motards et scootéristes subissent l’insécurité routière plus qu’ils ne la génèrent. Ces six dernières années, la baisse du nombre de tués en 2-roues atteint 22 % (source DSCR), alors que le parc 2-roues a augmenté selon les estimations, de 30 à 60 % durant la même période. Un état de fait démontré de facto par l'existence même de la Mutuelle des Motards, à qui la plupart des assureurs ne donnaient pas 6 mois d'espérance de vie lors de sa création de 1983 : elle est la preuve concrète d'un risque assurable.
Premières études : la claque
Longtemps retranchés derrière le mythe du motard hédoniste et la stigmatisation de la vitesse, les hérauts de sécurité routière ont également eu le champ libre faute d'études sur l'accidentologie 2-roues : ce n'est qu'au milieu des années 2000 que les premiers rapports sérieux sont venus lever le voile sur la réalité du risque moto. En 2004, sous l'égide de la Commission Européenne, était publié le rapport Maids, réalisée dans cinq pays d'Europe, dont la France. Première idée reçue battue en brèche : la vitesse. Dans 70 % des accidents impliquant un motard ou un scootériste, le deux-roues roulait à moins de 50 km/h au moment de l'impact. Deuxième claque : le comportement. Dans les deux tiers des cas, la responsabilité du conducteur du 2-roues est nulle.
Après les feux de jour, les feux dédiés
Troisième enseignement : 70 % des erreurs commises par les automobilistes responsables d'un accident avec un 2-roues sont dues au fait qu’ils n’ont pas su détecter le motard ou le scootériste. En la matière, absence de sensibilisation aux contraintes des autres usagers et faible détectabilité des 2-roues se combinent, et le cocktail fait mal : représentant 1 à 2 % du trafic (aucune estimation officielle du nombre de 2-roues en circulation n'existe à ce jour !), motards et scootéristes représentent 18 % des tués. Une détectabilité qui ne va pas s'améliorer en 2011 : le projet des feux de jours, enterré face à la mobilisation de la FFMC et de la Mutuelle de Motards (suivie par l'ensemble des mutuelles du GEMA) doit refaire surface sous la forme des feux dédiés. D'ici peu, la route ressemblera donc à un magnifique sapin de Noël, et tant pis si les conducteurs de 2-roues sont en colère : les études ont justement permis de démontrer que l’allumage des feux de croisement des motos et des scooters, en plein jour, permettait de diminuer de près d’un tiers les accidents liés à un problème de détectabilité. Pour peu que les feux des autres usagers soient éteints, faut-il le préciser. Mais plutôt que d'imposer des tests oculaires aux conducteurs à peine capables de conduire (8 millions en France !), généraliser l'allumage automatique des phares sera à coup sûr plus populaire.
La formation, au cœur de l'insécurité routière
En 2005, les 3/4 des accidents mortels et 86 % des accidents corporels impliquant 2 véhicules étaient des accidents moto contre véhicule léger, et pour les 2/3 en milieu urbain. Selon une étude réalisée par Gema Prévention, quand il s’agit de prévention à destination des automobilistes pour qu’ils soient plus attentifs aux 2-roues motorisés, 61% des motards sondés applaudissent. De même, 58% estiment qu’automobilistes et 2-roues se comprennent mal. Un constat dressé depuis bientôt trois décennies par la Mutuelle et le Mouvement FFMC qui militent pour que formation et prévention tiennent toute leur place dans une politique de sécurité routière jusqu'ici centrée sur la répression.
La formation des motards aussi
Les motards balaient d'ailleurs devant leur porte : il s'agit de former les automobilistes, mais les conducteurs de 2-roues aussi, et notamment les 125. Mais sans oublier les gros cubes : beaucoup de motards dans leur droit auraient pu éviter les accidents dont ils ont été les victimes. C'est pendant les premières années de pratique de la moto que l'accidentalité est la plus forte : plus de 20% des victimes sont accidentés la première année et 67% dans les 5 ans. L'inexpérience joue à plein : allure inadaptée à l’infrastructure ou à l’environnement, sentiment d’invulnérabilité amplifié par la politique marketing des constructeurs de motos, méconnaissance des situations à risques et des comportements des autres usagers, formation à la conduite incomplète… La liste est longue des carences qui, à défaut de faire des conducteurs de 2-roues des individus dangereux, envoient chaque année à l’hôpital ou au cimetière des motards et scootéristes qui, pour résumer, avaient la priorité.











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