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Que faire si vous êtes témoin d’un accident ?
Vous êtes témoin d’un accident de moto ou de voiture. Pouvez-vous aider les victimes et si oui, comment ?
Pour évitez de céder à la panique, mémorisez la procédure des secouristes : le P – A – S. Un bon moyen mnémotechnique pour se souvenir des trois principales actions à engager : Protéger – Alerter – Secourir.
Quant à la rédaction du constat, vous pouvez être sollicité par les protagonistes.
Balisez les lieux de l'accident
Avant tout, le meilleur moyen de protéger les victimes d'un carton - mais également les usagers alentour – est d’éviter le suraccident. Pour cela, balisez les lieux en installant un périmètre de sécurité : placez par exemple votre moto en amont de l’accident, au moins à une cinquantaine de mètres. Pensez à couper le contact de votre moto et celui du véhicule accidenté. En cas de virage aveugle, placez votre 2-roues avant le virage. Même démarche si l’accident s’est déroulé après un sommet de côte, placez votre moto en haut de la montée, afin de la rendre la plus visible possible. C'est comme cela que vous alerterez les autres usagers de la route. Dans tous les cas, mettez un clignotant ou les warnings (si votre machine en possède), voire placez la moto face au sens d’arrivée, avec les feux de croisements allumés. Dans l’idéal, demandez à deux adultes de se placer à 100 ou 150 mètres de part et d'autre de l’accident, munis de gilets réfléchissants, de linges de couleur claire à agiter en bord de route ou, de nuit, de lampes électriques pour attirer l’attention des conducteurs en approche. Si possible, demandez également à un automobiliste un triangle de présignalisation. Et si vous circulez souvent de nuit, prévoyez d’emmener des bâtons phosphorescents : vendus à prix modique, ils ne prennent pas de place sous la selle (encore moins dans le top-case) et s'avèrent très utiles. Une fois jetés à terre (pour bien faire, plusieurs dizaines de mètres avant et après l’accident), ils brillent pendant environ 30 minutes et sont visibles de loin.
Alertez et renseignez les secours
Une bonne alerte est le point de départ d’une bonne intervention. Mieux vaut plusieurs appels qu’aucun. Si une personne vous dit avoir déjà alerté les secours, mais qu’elle semble ne pas l’avoir fait correctement, rappelez. Procédez à un examen rapide (moins d’une minute) de la situation et de la victime pour donner les bonnes informations. La personne accidentée est-elle consciente ? Posez-lui des questions simples (”Est-ce que tu m’entends ? Que s’est-il passé ?”). Si elle ne répond pas, elle n’est pas forcément inconsciente, peut-être n’arrive-t-elle pas à s'exprimer. Demandez-lui alors de vous serrer la main (sans bouger le bras) ou de cligner des yeux. Respire-t-elle ? Commencez par faciliter les mouvements respiratoires en dégrafant ceinture et bouton de pantalon. Ouvrez délicatement la veste pour dégager les voies respiratoires. Dans le cas d’une personne inconsciente, placez doucement la main sur son ventre, durant une dizaine de secondes, pour sentir les mouvements du diaphragme. Respire-t-elle ? Son cœur bat-il ? La prise du pouls au poignet ou à la gorge se réalise facilement sur une personne non-blessée, mais se révèle plus délicate sur une personne traumatisée. Il est vital également de vérifier que la victime ne saigne pas abondamment.
Protégez les victimes
Recensez le nombre de victimes avec précision. Demandez s’il y avait un passager ou regardez aux alentours si personne n’a été éjecté dans le choc. Appelez ensuite les secours (le 112). Si vous êtes sur une voie rapide ou une autoroute, optez pour la borne d’appel la plus proche, les secours sauront immédiatement vous localiser. Soyez le plus précis possible et parlez clairement. Présentez-vous et donnez votre numéro de téléphone (les secours pourront ainsi vous rappeler en cas de problème). Indiquez avec précision la nature de l’accident et sa localisation avec des points de repère (point kilométrique, numéro de rue, coordonnées GPS si vous avez…). Précisez le nombre et l’état apparent des victimes (parle, saigne, respire, transpire…), leur sexe, leur position (assis, couché sur le ventre, sur le dos, sur le côté), les mesures que vous avez prises et les éventuels gestes effectués. Précisez le risque (circulation, disposition, virage aveugle…). Ne raccrochez pas en 1er, attendez les instructions des services de secours. Et surtout, rappelez si la situation évolue.
Portez secours et rassurez
Être témoin d’un accident engendre beaucoup de stress. Essayez de garder au maximum la tête froide, les idées claires et de rester calme. Même si vous n’êtes pas secouriste, vous allez pouvoir rassurer et soutenir la victime. Attention à vos paroles, même si la victime ne répond pas, elle vous entend peut-être. C'est le moment de faire pour elle ce que vous souhaiteriez que le parfait inconnu fasse pour vous dans les mêmes circonstances : porter les Premiers Secours.
Remplir le constat
Si vous avez assisté à un accident ou un accrochage, les protagonistes s'adresseront peut-être à vous pour attester des faits. Toute personne majeure ayant assisté à l’accident est susceptible d’être témoin. Cependant, certaines personnes peuvent être partiales du fait de leurs liens avec l’un des conducteurs : membres de la famille, préposé ou employeur, personne transportée (les passagers se sentent solidaires du conducteur qui les transporte, même s’il ne sont pas liés à lui). Du coup, leur témoignage n’est pas retenu par les conventions entre assureurs.
Comment est recueilli le témoignage ?
Pour que votre témoignage soit valide, votre identité doit figurer sur le constat amiable (case n° 5), signé des conducteurs, avec votre adresse et/ou votre numéro de téléphone. Attention, vous n'avez pas à signer le constat. Si les forces de police interviennent parce que c’est un accident corporel, sachez-le, votre nom apparaîtra sur le PV de gendarmerie ou le rapport de police, car ces documents priment sur le constat amiable. Par la suite, l’assureur vous enverra un imprimé d’attestation que vous complèterez en indiquant notamment les circonstances de l’accident et en réalisant un croquis. Si votre témoignage est susceptible d’être produit en justice, vous en serez avisé (et prévenu des sanctions en cas de faux témoignage), il vous sera également demandé une photocopie d’une pièce d’identité. Notez que la plupart des assureurs, considérant que les témoignages tardifs sont peu fiables, voire douteux, ne reconnaissent valables que ceux recueillis dans les trois mois après l’accident.
À charge ou à décharge ?
Les assureurs considèrent dans leur majorité qu’un témoignage n’a pour but que de départager les conducteurs divergeant dans leurs déclarations. Il ne retiennent que les éléments qui confirment une version (exemples : changement de file, passage « au rouge ») et ne prennent pas en considération des éléments nouveaux. Les magistrats, quant à eux, ont toute latitude pour interpréter les témoignages, sous condition de motiver valablement leur décision. Si vous êtes amené à témoigner, prenez garde aux idées reçues, et ne retenez que les éléments dont vous êtes certain. Les témoins d'un accident mettant en cause un 2-roues estiment bien souvent - malheureusement en toute bonne foi - que le motard « allait vite » au simple motif... qu'il faisait du bruit (une moto est beaucoup plus bruyante qu'une voiture, même munie d'un pot homologué). Un témoignage récurrent, qui vient s'ajouter à des erreurs courantes des forces de l'ordre, concernant notamment l'absence de trace de freinage du 2-roues : s'il n'y a pas de trace, c'est forcément parce que le motard (ou le scootériste) allait trop vite et qu'il n'a pas eu le temps de freiner... Méconnaissance des techniques d'évitement et des spécificités d'un 2-roues (beaucoup moins manœuvrant qu'une voiture en situation d'urgence) sont à la base de nombreux contentieux entre la Mutuelle des Motards et les autres assureurs en raison de leur méconnaissance du risque 2-roues, des témoignages approximatifs recueillis sur les lieux d'accident et des erreurs contenues dans les procès-verbaux.




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